Ernest Roy, fut sans
aucun doute, l'un des premiers citoyens de Saint-Fabien à prévoir le futur
développement touristique dans les magnifiques baies sises entre le fleuve St-Laurent et
le Pic Champlain. Ses activités pour l'expansion de Saint-Fabien-sur-mer et sa paroisse
méritent que son souvenir soit inscrit dans l'histoire du site considéré comme l'un des
plus splendides de la province.
Il était le fils de Joseph à Vital à
Benjamin Roy; celui-ci, avec son frère Isaac, furent les deux premiers colons à
s'établir en permanence dans la paroisse. Sa mère, Cénéville Bernier, était la fille
de Sénen.
Né le 17 juin 1900, au rang 2 ouest, (sur la
ferme qu'occupa par la suite Irenée Thibault ), sa famille immigrait, en 1906, à
Willimantic dans le Connecticut, pour en revenir en 1911. Il disait en riant: " Qu'il
avait fait toutes ses études aux États mais que la maîtresse n'y était pas. " .
À son retour, Joseph achetait la ferme de
son cousin Irenée , fils de Vital à Isaac. Cette terre formait environ 52 arpents de
longueur, face au fleuve. En 1927, Ernest succédait à son père après son mariage à
Adrienne Gagnon, fille d'Antoine à Romul (Romuald).
La ferme avait une superficie de plus de 350
arpents, dont 70 en culture. Elle comprenait un immense boisé, montagneux en partie, et
le petit lac Carré. Son talent naturel de menuisier lui permit de remplacer les
bâtisses paternelles: la maison, en 1930 et la grange étable, en 1939. À
Saint-Fabien-sur-mer, il construisit plusieurs chalets pour vendre, louer ou pour le
compte de nouveaux propriétaires.
En 1938 commença une de |ses plus utiles
réalisations, soit la construction d'un chemin d'accès à l'Islet-aux-Flacons. Il était
très difficile de s'y rendre à marée haute, en voiture ou d'y conduire les animaux aux
pâturages. Il |entreprit ces travaux considérés comme très durs avec les moyens de
l'époque. Avec l'aide d'un foret et d'une masse, il perçait les pierres pour les faire
éclater ensuite à la dynamite. On y voit encore les énormes rochers dont l'un fut fendu
en deux pour faire place au chemin actuel. En 1943, un petit octroi lui permit de faire
les travaux nécessaires pour le passage des véhicules automobiles. Depuis 1963, la
municipalité de Saint-Fabien assure l'entretien du chemin devenu public.
En 1948, il achète la savane d'Aurèle Jean
et avec l'aide de ses fils, commence l'exploitation de la tourbe. Son fils Daniel achète
les biens en 1967 et modernise cette industrie qui se développe à un rythme toujours
croissant. La même année il vend sa résidence de Saint-Fabien-sur-mer, à son fils
Raoul, qui la transforme en auberge, devenue aujourd'hui propriété de Mme Roch Gagné.
À cette même période, il achète le chalet qu'il avait construit lui-même pour M. P.A.
Robitaille, pour y passer les étés. En hiver, il résidait dans sa maison au village.
À l'exemple de son père qui avait donné le
terrain de la grotte en 1915, il cède gratuitement les emplacements de la chapelle en
1927 et du presbytère en 1944. Avec MM. Léon Pelletier et Aimé Boulanger, il agit comme
"syndic"; en 1944, dès la fondation de la paroisse de Saint-Fabien-sur-mer. Il
fut conseiller municipal de Saint-Fabien, de 1957 à 1962 et marguillier, de 1965 à 1968.
Il était reconnu comme hospitalier,
accueillant et savait bien recevoir ses visiteurs. Doué d'une mémoire prodigieuse, il
fut une précieuse source d'informations pour "l'Histoire de Saint-Fabien".
À ses succès fut associée Mme Adrienne
Gagnon, son épouse, qui le secondait si bien qu'elle peut facilement relater tous les
événements liés à l'existence des familles Roy et Gagnon. Ils eurent huit enfants:
Ghislain, Denis, Daniel, Priscille, Isabelle, Nicole, Raoul et Geneviève.
Il décéda le 27 novembre 1976, à l'âge de
76 ans, laissant un souvenir d'estime à tous ceux qui l'ont côtoyé pendant sa vie.